DECLARATION DE LA FSU AU COMITE TECHNIQUE PARITAIRE DEPARTEMENTAL DU 14 NOVEMBRE 2011

jeudi 17 novembre 2011
par  DERCOURT ALAIN
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DECLARATION DE LA FSU AU COMITE TECHNIQUE PARITAIRE DEPARTEMENTAL DU 14 NOVEMBRE 2011

Pour la FSU 62, le bilan de cette rentrée 2011 est particulièrement sombre. Il est marqué par un renoncement sans précédent pour le service public d’Éducation.

Dans le premier degré, nous pourrions relister l’ensemble des points de notre déclaration du CTP de rentrée car si le ministre y a vu une rentrée « techniquement réussie », la FSU fait le constat d’une rentrée scolairement ratée.

La situation de la maternelle est dramatique. La FSU 62 ne peut que déplorer le fait d’avoir eu raison depuis le début. Nos estimations concernant les écoles maternelles s’avèrent exactes, puisque dès le mois d’avril, nous avons calculé la perte d’un millier d’enfants de moins de trois ans qui ne seraient plus accueillis. Force est de constater qu’ils ne sont plus présents dans nos écoles en cette rentrée 2011. Avec une moyenne de plus de 27 élèves par classe dans les écoles maternelles hors éducation prioritaire, on ne peut que se demander à quel point les conditions d’enseignement sont dégradées.

Même si les moyennes par classe sont provisoirement préservées en Éducation Prioritaire, là aussi les conditions d’enseignement se dégradent : moins d’enseignants spécialisés, raréfaction des maîtres REP. Nous nous éloignons de l’idée forte de donner plus à ceux qui ont moins.

Nous le répétons : l’affaiblissement du P/E ne peut qu’accroître les inégalités.

Pour le second degré, nous ne pouvons que déplorer les conditions de préparation de ce dernier CTPD 62, pour lequel les représentants des personnels n’ont pas reçu, malgré la demande la FSU (6 jours avant la réunion initiale), de documents au format tableur qui faciliteraient une analyse constructive de la situation des collèges et SEGPA à cette rentrée. Selon nous, ce refus implicite est symptomatique de la dégradation du dialogue social dans le département, transposition certainement logique, mais regrettable, de son absence au niveau académique. Il nous conforte dans notre décision de boycotter cette instance la semaine dernière.
En dépit de ces difficultés, il est possible d’esquisser le bilan de rentrée dans le Second degré pour notre département :

1) Concernant les taux d’encadrement et la taille des classes.

Le constat général est celui d’une augmentation du nombre d’élèves dans les classes, et ce depuis plusieurs années. Face à des choix budgétaires régressifs, qui sanctionnent particulièrement l’Académie de Lille, le choix a été fait de limiter l’impact de la hausse démographique en relevant les seuils d’ouverture de division pour les 3 quarts d’entre elles. Pour la première fois, les collèges RRS sont également touchés.

D’ailleurs, le H/E moyen des ECLAIR est supérieur, mais des RRS ont des H/E supérieurs à des ECLAIR ; des non-RRS ont des H/E supérieurs à des RRS.

Mais cela se révèle insuffisant, puisque que de nombreuses DGH ont dû être ré abondées (Lillers Lagrange) ou amputées de leurs heures-postes (Audruicq) depuis le mois de mars. Sans parler de collèges, comme celui de l’Esplanade à St Omer, où des prévisions largement sous-estimées sur un niveau, n’ont pas donné lieu à des moyens supplémentaires, conformément aux règles que l’IA s’est pourtant elle-même fixée !

Le nombre de situation revues ne permet plus parler de simples « ajustements » de structures, et témoigne selon nous de l’instabilité dans la gestion des moyens, induite par une dotation départementale qui impose de naviguer à vue, et fragilise les EPLE concernés. D’autant que, en contravention du Livre IV du code de l’éducation, les CA ne sont pas systématiquement saisis, ce que nous dénonçons.
Les prévisions d’effectifs en collèges et SEGPA étant désormais connues pour 2012 (+ 769), nous aimerions savoir quels sont les pistes envisagées pour accueillir à nouveau davantage d’élèves avec des moyens insuffisants, et notamment ceux qui ne pourront plus accéder à certaines SEGPA.

2) Concernant l’aide aux élèves.

Nous aimerions savoir quels dispositifs recouvre cette appellation, puisque la FSU tient à différencier ceux qui permettent une remédiation dans la continuité des apprentissages et dispensés par des personnels qualifiés, de ceux - ponctuels et facultatifs - qui relève de l’ « accompagnement » et que l’on confie le plus souvent à des personnels précaires.

S’il s’agit des heures données au titre de la difficulté scolaire, cela fait deux rentrées que les moyens sont progressivement repris, alors qu’ils étaient notoirement indigents.

S’il s’agit de l’accompagnement éducatif, on attend toujours un bilan de son impact sur la réussite des élèves depuis sa généralisation, et notamment dans les « secteurs en difficulté ». C’est justement dans ces secteurs que la remédiation est indispensable, et nécessite une prise en charge continue sur le temps scolaire, et non en dehors. Pour autant, nous aimerions connaître le calendrier et la méthodologie de dotation des établissements en heures d’accompagnement éducatif. Mais aussi savoir de quelle façon s’exerce le contrôle de l’utilisation de ces heures par l’Inspection Académique, compte-tenu des moyens dégagés. Nos attentes sont d’ailleurs identiques pour les enveloppements destinés au remplacement à l’interne.

S’il s’agit des heures de 6ème pour l’ATP, financées en HP sur la dotation, elles étaient définitivement trop chères en postes pour qui veut rogner sur les moyens des collèges. Alors le Ministère les transforma en Accompagnement Personnalisé par la circulaire du 27 juillet. Exit la remédiation. Il ne s’agira plus d’en faire profiter tous les élèves, et toute l’année, mais de les trier dès leur entrée au collège : en quelques mois, la magie de l’approche par compétences devrait suffire à les remettre à niveau.

3) Concernant les multi-directions.

On nous explique que la direction unique permet « l’accroissement de la taille de l’équipe pédagogique » : nous reconnaissons qu’en ces temps de coupes budgétaires, c’est le seul outil qui permet l’augmentation –mathématique - du nombre d’enseignants.

On nous explique encore que « des personnels de directions sont nommés, ce qui ne permet guère de réaliser des économies de moyens » : est-ce à dire que la prochaine étape est la suppression du poste de direction restant ? Au collège de Norrent-Fontes, par exemple, est-il prévu une direction unique dans un établissement où, le poste d’adjoint supprimé, il n’y a même pas eu la création d’un poste de CPE ?

4) Concernant le dispositif ECLAIR.

La FSU prend acte avec satisfaction de l’évolution de l’attitude de l’administration sur ce sujet, puisqu’il n’est plus question que d’un simple « encouragement » à l’utilisation de l’article 34 : on ne peut rien imposer aux personnels en dehors du label. C’est tout le sens de l’annulation partielle, par le Conseil d’État, de la circulaire du 7 juillet 2010.

5) Concernant la suppression de la carte scolaire.

Le temps serait venu du bilan pour une mesure injuste et inefficace. Mais nous n’avons pas eu de documents depuis 2009 en CTPD.

6) En ce qui concerne la diversification en Langues Vivantes.

La FSU est extrêmement inquiète quant à la situation du département du Pas-de-Calais. La rentrée 2011 a vu considérablement augmenter le nombre de sections bilangues, notamment allemand/anglais : elles concernent cette année près de la moitié des collèges du Pas-de-Calais (47, 6%). Cette situation dissimule en fait un recul manifeste de la diversification avec la fermeture de sections de 6ème allemand LV1 à part entière et de sections européennes. L’interdiction faite aux collègues du second degré d’enseigner dans le 1er degré depuis plus d’un an accélère encore cet appauvrissement de l’offre de formation linguistique. Les retours des collègues de langues du Pas-de-Calais ces dernières semaines nous amènent de plus à nous poser des questions sur votre politique linguistique pour la rentrée 2012 : tout semble fait pour supprimer le plus possible de langues vivantes dans les collèges du Pas-de-Calais, par le biais de fermetures pures et simples et de regroupements de niveaux. On imagine bien les réactions légitimes des parents qui constateront qu’en allemand surtout, les élèves de 6ème sont avec les 4ème par exemple…. Ces choix, si vous les confirmez, sont pour nous, non seulement graves en termes de démocratisation de l’enseignement, mais inconséquents d’un pur point de vue économique –puisque des milliers d’emplois dans notre région ne trouvent pas preneur faute d’une maîtrise suffisante de l’allemand.

Nous partageons en outre les mêmes inquiétudes quant à l’avenir immédiat de l’enseignement des langues anciennes.

La FSU sera particulièrement vigilante sur les opérations préparatoires de la prochaine carte scolaire.


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